HQCManuel · Sec. 3
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Chapitre 1 · Des origines à 1608

L’expérience des Autochtones et le projet de colonie

Quelles sont les caractéristiques des sociétés autochtones de l’est de l’Amérique du Nord vers 1500 ? Comment les premiers contacts avec les Européens commencent-ils à les transformer ?

8 sections12 événements2 documentsQuiz de 22 questions
Section 1

Les premiers occupants du territoire

Bien avant l’arrivée des Européens, l’Amérique du Nord est habitée depuis des millénaires. Mais d’où viennent ses premiers habitants ? La réponse reste encore en partie un mystère.

Les scientifiques s’appuient sur plusieurs disciplines : les archéologues datent des sites anciens, les linguistes reconstituent l’arbre généalogique des langues, et les généticiens comparent l’ADN des populations. Ensemble, ils démontrent qu’une petite population venue d’Asie est arrivée il y a au moins 11 500 ans. Ces chasseurs sont associés à la « culture de Clovis », du nom d’un site du Nouveau-Mexique.

Selon la théorie la plus répandue, ces chasseurs nomades auraient profité de la dernière glaciation et traversé la Béringie, puis emprunté un couloir libre de glace au cœur du continent. D’autres chercheurs proposent plutôt des routes, dont une navigation le long de la côte du Pacifique : la montée du niveau de la mer aurait effacé les traces d’un tel passage. Des sites comme Monte Verde (Chili, 12 500 ans) laissent même penser que d’autres migrants sont arrivés plus tôt.

À retenir

Le peuplement de l’Amérique n’est pas le résultat d’un seul voyage : il y a eu plusieurs vagues. Les ancêtres des peuples na-déné arrivent il y a 6 000 à 8 000 ans, et les ancêtres des Inuits se répandent le long du cercle polaire à partir de l’Alaska.

Un continent diversifié

Le monde autochtone ne forme pas un bloc homogène. On estime à près de 300 le nombre de langues autochtones parlées au nord du Mexique, regroupées en une trentaine de familles linguistiques. L’Europe, elle, n’en compte que trois. Chaque nation a sa langue, ses coutumes, son organisation politique.

Quels mots employer : Autochtones, Amérindiens, Premières Nations ?

Le mot Autochtones est le plus exact : il comprend toutes les nations du continent. « Amérindiens » exclut les Inuits, dont les origines culturelles et génétiques sont différentes. L’expression « Premières Nations » désigne les peuples autochtones du Canada, à l’exception des Métis et des Inuits.

Les régions physiographiques du territoire québécois

Trois grandes régions structurent le milieu de vie des peuples : le Bouclier canadien (forêts, lacs et rivières au nord), les Appalaches (au sud-est) et les basses terres du Saint-Laurent (sols fertiles, propices à l’agriculture). L’environnement influence directement les activités économiques de chaque peuple.

Les cours d’eau : des routes déjà connues

Les Français pénètrent dans le continent par le Saint-Laurent, les Britanniques d’abord par la côte atlantique. Mais ces routes d’eau étaient utilisées depuis longtemps par les Premières Nations : la rivière des Outaouais, le lac Huron ou le lac Érié portent d’ailleurs des noms de nations autochtones.

Section 2

Comment connaître ce passé sans écriture ?

Les Autochtones n’ont laissé aucun témoignage écrit. Pour reconstituer leur histoire, l’historien croise deux grands types de sources.

Source matérielle

L’archéologie

Outils de pierre, tessons de poterie, ossements : les vestiges racontent ce que les gens fabriquaient et mangeaient. À Pointe-du-Buisson (près de Melocheville), des fouilles menées de 1977 à 2000 ont éclairé le passage du nomadisme à la sédentarité chez les Iroquoiens vers l’an 1000.

Source écrite

Les témoignages européens

Les missionnaires du 17e siècle, comme le jésuite Paul Le Jeune, décrivent en détail la vie des nations. Les Relations des Jésuites (1632-1672) sont une mine d’information, mais leurs auteurs ont des préjugés : il faut les lire avec prudence.

Source orale

La tradition orale

Les aînés transmettent récits, mythes et savoirs de génération en génération. En 1970, l’Innu François Bellefleur a raconté à un anthropologue une légende presque identique à celle que Le Jeune avait notée… en 1637 !

Défi d’analyse

Un missionnaire jésuite décrit un rituel autochtone dans une lettre envoyée en France. Pourquoi cette source est-elle précieuse, mais aussi risquée à utiliser sans précaution ?

Voir une piste de réponse

Précieuse : c’est un témoin direct, qui a appris la langue et vécu parmi les nations.

Risquée : l’auteur est européen, catholique et cherche à évangéliser ; il interprète ce qu’il voit avec ses propres valeurs et écrit pour convaincre ses supérieurs en France. Il faut donc comparer avec d’autres sources (archéologie, tradition orale).

Section 3

Trois grandes familles culturelles et linguistiques

Au Québec, onze nations autochtones sont reconnues aujourd’hui. On les regroupe en trois grandes familles, qui n’ont ni la même langue, ni le même mode de vie.

Famille

Algonquiens

Plus de 70 langues apparentées, de la Gaspésie aux Plaines. Chasse, pêche et cueillette ; vie en petites bandes. Plus grand ensemble linguistique de l’Amérique du Nord.

Famille

Iroquoiens

Civilisation développée sur place, dans la vallée du Saint-Laurent et autour du lac Ontario. Agriculture du maïs, villages, société matrilinéaire.

Peuple

Inuits

Ancêtres passés en Alaska il y a environ 4 000 ans. Les Thuléens, leurs ancêtres directs, atteignent le nord du Québec vers le 14e siècle. Grands chasseurs de mammifères marins.

NationFamilleTerritoire et caractéristiquesPopulation (≈ 2005)
AbénaquisAlgonquienneOriginaires de la Nouvelle-Angleterre ; alliés des Français ; Odanak et Wôlinak≈ 2 000
AlgonquinsAlgonquienneBassin de la rivière des Outaouais ; Outaouais et Abitibi-Témiscamingue≈ 9 000
AtikamekwAlgonquienneHaute-Mauricie ; presque anéantis au 17e s. par les guerres et les épidémies≈ 5 900
CrisAlgonquienneBaie-James ; Convention de la Baie-James (1975), Paix des Braves (2002)≈ 14 600
InnusAlgonquienneEntre le lac Saint-Jean et le Labrador ; partenaires de la traite dès le 17e s.≈ 15 400
MalécitesAlgonquienneBas-Saint-Laurent et Nouveau-Brunswick ; reconnus par le Québec en 1989≈ 760
MicmacsAlgonquienneGaspésie ; importante tradition maritime et pêche au saumon≈ 4 900
NaskapisAlgonquienneFrontière de la taïga et de la toundra ; chasseurs de caribous≈ 830
Hurons-WendatIroquoienneConfédération disloquée dans les années 1640 ; Wendake, près de Québec≈ 3 000
MohawksIroquoienneKahnawake, Akwesasne, Kanesatake ; nation la plus nombreuse du Québec≈ 16 200
InuitsInuite15 communautés le long de la baie d’Hudson et de la baie d’Ungava≈ 9 400

Estimations d’environ 2005 (Secrétariat aux affaires autochtones du Québec), données à mettre à jour avec les recensements récents.

Section 4

Des modes de vie adaptés à l’environnement

Chaque peuple tire profit des ressources de son milieu. L’environnement détermine l’habitation, l’alimentation, les déplacements et même l’organisation sociale.

Les Iroquoiens : villages et agriculture

La culture du maïs, qui arrive dans la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent vers les années 800-900, permet de faire des réserves pour l’hiver. Vers l’an 1000, les peuples iroquoiens deviennent sédentaires. Ils vivent dans des villages de 20 à 40 maisons longues, entourés d’une palissade. Mais attention : ils déménagent tout de même tous les 10 à 20 ans, quand les sols s’épuisent et que le bois se fait rare.

Les Algonquiens : le territoire au rythme des saisons

Les peuples algonquiens sont nomades : ils se déplacent selon les ressources disponibles, en canot d’écorce l’été et en raquettes l’hiver. Ils habitent des wigwams faciles à transporter.

Les Inuits : survivre dans l’Arctique

En hiver, les familles se regroupent sur la banquise dans des villages d’iglous (jusqu’à 150 personnes) pour chasser le phoque. Au printemps, elles retournent sur le continent chasser le caribou et pêcher. Kayak, oumiak et inukshuk sont des inventions parfaitement adaptées au milieu.

Le cycle des six saisons chez les Atikamekw
  • Sikon (fonte des neiges) : récolte de l’eau d’érable.
  • Miroskamin : voyages de reconnaissance, pêche au filet, cueillette des atocas.
  • Nipin (été) : petit gibier, petits fruits, plantes médicinales.
  • Takwakin (automne) : chasse à l’orignal, pêche et fumage du corégone.
  • Pitci Pipon (début de l’hiver) : chasse au castor et à la martre, apprêt des peaux.
  • Pipon (cœur de l’hiver) : gros gibier, pêche sous la glace.
Les « trois sœurs » : maïs, haricots et courges

Les Iroquoiens cultivent ensemble le maïs, les haricots et les courges, plantés dans de petits monticules de terre qui se drainent bien et se réchauffent plus vite. Les hommes défrichent les champs ; les femmes s’occupent de tout le reste du travail agricole. Les Iroquoiens cultivent aussi le tournesol, dont ils tirent l’huile.

L’érable : qui a inventé le sirop ?

Il est certain que les Autochtones ont été les premiers à recueillir la sève de l’érable. Les historiens ne s’entendent pas : ont-ils aussi fabriqué du sirop et du sucre, ou ces transformations viennent-elles des colons européens ? Voilà un bel exemple de débat entre historiens !

Les métaux : le cuivre du lac Supérieur

Le cuivre natif, abondant près du lac Supérieur, était chauffé puis martelé pour fabriquer pointes de flèche, hameçons, perles et bracelets. On en retrouve des traces de l’Alberta au Québec et jusqu’au Kentucky, preuve de réseaux d’échange très étendus.

Le travail des femmes
Le travail des femmesDeux femmes autochtones préparent la nourriture : l’une broie des grains dans un mortier, l’autre porte son bébé sur une planche porte-bébé. Chez les Iroquoiens, les femmes font presque tout le travail agricole.Gravure européenne anonyme (17e-18e siècle). Wikimedia Commons, domaine public.
Section 5

Rapports sociaux et prise de décision

Qui hérite de quoi ? Patrilinéaire et matrilinéaire

Chez les Algonquiens et les Inuits, la parenté se transmet par le père : la société est patrilinéaire. Chez les Iroquoiens, elle se transmet par la mère : la société est matrilinéaire. Les descendants d’une même ancêtre (une femme) forment un clan, et au mariage, c’est l’homme qui rejoint la famille de sa femme. Chaque maison longue est occupée par une mère, ses filles et leurs familles.

Dans toutes ces sociétés, il existe une division des tâches selon le sexe, mais les femmes iroquoiennes ont un grand poids : elles administrent la maison longue et le chef doit les consulter pour toutes les décisions importantes.

Partager : une valeur centrale

La propriété individuelle n’existe pas pour la terre : le territoire est un bien collectif de la nation. Les biens circulent par le don et le contre-don : il faut donner, recevoir et rendre. Les enfants, eux, apprennent en imitant les adultes et en jouant, sans punitions corporelles : les Autochtones seront horrifiés de découvrir la façon dont les Européens traitent leurs propres enfants.

Comment décide-t-on ?

Un chef autochtone ne peut jamais imposer sa volonté. Il doit convaincre : l’éloquence (l’art de bien parler) est donc une qualité indispensable. Les chefs sont souvent des hommes d’âge mûr, respectés pour leur sagesse et leur courage. Au conseil, les décisions se prennent à l’unanimité (tout le monde doit être d’accord), et un accord signé par des chefs n’engage qu’eux-mêmes.

📜 Document 1 · Témoignage d’époque
« Tous les sauvages en général ont l’esprit et l’entendement assez bon et ne sont point si grossiers et si lourdauds que nous imaginons. Ils sont d’une humeur assez joyeuse et contente ; […] ils parlent fort posément, comme se voulant bien faire entendre, et s’arrêtant aussitôt en songeant une grande espace de temps, puis reprennent leur parole ; et cette modestie est cause qu’ils appellent nos Français femmes, lorsque, trop précipités et bouillants en leurs actions, ils parlent tous à la fois et s’interrompent l’un l’autre. »
Gabriel SAGARD, Le grand voyage du pays des Hurons, Paris, Chez Denys Moreau, 1632, p. 185.
« [… lorsqu’ils sont avec des amis et sans témoins,] ils raisonnent avec autant de hardiesse que lorsqu’ils sont dans le conseil. Ce qui paraîtra extraordinaire, c’est que n’ayant pas d’étude, […] ils soient capables malgré leur rusticité de fournir à des conversations qui durent souvent plus de trois heures […]. »
LAHONTAN, Mémoires de l’Amérique septentrionale, La Haye, 1704, p. 103-104.
À toi d’analyser
  1. Qui sont les auteurs de ces textes ? À quel groupe appartiennent-ils ?
  2. Que révèlent-ils sur la façon de débattre chez les Autochtones ?
  3. Relève un indice montrant un préjugé ou un étonnement de l’auteur.
Voir une piste de réponse

1. Un récollet (Sagard) et un officier (Lahontan) : des Européens, observateurs extérieurs qui écrivent pour un public français.

2. On y parle posément, sans interrompre, et on prend le temps de réfléchir : l’art oratoire est valorisé, ce qui est cohérent avec le rôle des chefs, qui doivent convaincre.

3. Les expressions « sauvages », « rusticité » ou « ne sont point si grossiers que nous imaginons » montrent que les auteurs s’attendaient à des gens peu intelligents : leur surprise trahit leurs préjugés.

Une confédération

La Confédération iroquoise réunit cinq nations (Agniers, Onneyouts, Onontagués, Goyogouins, Tsonnontouans), auxquelles s’ajoutent les Tuscaroras au 18e siècle. Mais chaque nation reste autonome : les Français ont ainsi pu signer la paix avec certaines pendant que d’autres continuaient la guerre.

Section 6

Un univers peuplé d’esprits

Pour les Autochtones, l’être humain n’est pas au centre de l’Univers : il en fait simplement partie. Ils sont aussi animistes : les animaux, les objets et les forces naturelles possèdent une âme ou un esprit.

Les esprits, appelés okis chez les Iroquoiens et manitous chez les Algonquiens, peuvent causer la maladie, la malchance ou, au contraire, devenir de précieux alliés. Il n’y a ni église, ni prêtres, ni règles religieuses écrites, mais des shamans : ces personnes servent d’intermédiaires entre les vivants et les esprits, et soignent les malades.

📜 Document 2 · Une cérémonie observée par un missionnaire
« Sur l’entrée de la nuit, deux ou trois jeunes hommes dressèrent un tabernacle au milieu de notre cabane. Ils plantèrent en rond six pieux fort avant dans la terre […]. Cela fait, ils entourèrent cet édifice de catalognes [couvertures], laissant le haut du tabernacle ouvert. […] on éteint entièrement les feux de la cabane […] et un jeune jongleur se glisse par le bas […]. Le jongleur entré commença doucement à frémir, comme en se plaignant. Il ébranlait ce tabernacle sans violence au commencement, puis s’animant petit à petit […] les sauvages croyant que les génies ou Kichikouai étaient entrés, le sorcier les consulta. »
Paul LE JEUNE, Relation de ce qui s’est passé en la Nouvelle-France en l’année 1634, Paris, Chez Sébastien Cramoisy, 1634, p. 48-53.
À toi d’analyser
  1. Quel rituel est décrit ? Qui le dirige ?
  2. Quels mots révèlent le regard du missionnaire sur cette pratique ?
Voir une piste de réponse

1. La cérémonie de la tente tremblante : un intermédiaire entre les vivants et les esprits entre dans une tente et la fait trembler pour consulter les esprits.

2. Les termes « jongleur » et « sorcier » sont péjoratifs : Le Jeune, jésuite, voit dans ce rituel une pratique qu’il cherche à remplacer par le christianisme.

Les mythes d’origine : Aataentsic, Glooskap et Sedna

Aataentsic (Hurons). Tombée du ciel, elle donne naissance à deux garçons : Iouskeha, bienfaiteur de l’humanité, et Tawiscaron, qui détruit ses œuvres. Toute l’humanité provient d’un personnage féminin, ce qui correspond bien à une société matrilinéaire.

Glooskap (Algonquiens). Né des poussières tombées des mains du Créateur, il crée les plantes et les animaux utiles ; son frère Malsum fait le mal.

Sedna (Inuits). Déesse de la mer, dont les doigts coupés donnent naissance aux phoques et aux baleines. Quand elle est en colère, elle retient les animaux : le shaman doit alors plonger au fond de la mer pour peigner ses cheveux.

Le wampum : une mémoire de coquillages

Les wampums sont des colliers ou ceintures de petites perles de coquillage. Offerts lors des discours officiels et de la signature de traités, ils soulignent l’importance des paroles échangées et peuvent même compenser la mort d’une personne.

Le tabac, les jeux et les masques

Le tabac est une plante sacrée : sa fumée rejoint les esprits, d’où son usage lors des rencontres diplomatiques. La crosse, jeu rituel, sert à se divertir, à s’entraîner à la guerre ou même à régler des différends. Chez les Iroquoiens, la Société des faux-visages utilise des masques sculptés dans l’arbre vivant pour guérir les malades.

La tradition orale

Sans écriture, la mémoire d’un peuple passe par les récits des aînés. Ils racontent les récits mythiques et influencent ainsi les décisions et les valeurs de la communauté.

Des ceintures de wampum
Des ceintures de wampumCeintures de perles de coquillage des nations wabanakies (Abénaquis, Malécites, Micmacs…). Chaque motif rappelle un message : une ceinture surtout blanche annonce la paix.Frank G. Speck, 1915. Wikimedia Commons, domaine public.
Section 7

Économie, réseaux d’échange et rivalités

Pour les Autochtones, le commerce est bien plus qu’une opération économique : c’est une cérémonie qui crée des liens. On ne fait du troc qu’avec ceux en qui on a confiance, et les échanges sont précédés et suivis de fêtes qui peuvent durer plusieurs jours.

Spécialité

Algonquiens du nord

Fourrures, vêtements d’hiver, viande, canots d’écorce de bouleau, plantes médicinales.

Spécialité

Hurons

Surplus de maïs, cordages et filets de pêche très appréciés.

Spécialité

Neutres et Andastes

Tabac, fourrures d’écureuil noir, silex (Neutres) ; coquillages de toutes sortes (Andastes).

Les réseaux d’échange s’étendent sur l’ensemble du continent. Ils s’appuient sur des alliances qui permettent de coordonner l’action des nations et de défendre des intérêts communs. Mais l’accès aux ressources, notamment aux territoires de chasse, est aussi un objet de rivalité entre nations, comme entre les Innus et les Iroquois.

Défi d’analyse · Comparer deux sociétés

Compare les Iroquoiens et les Algonquiens à l’aide de trois critères : économie, habitation et organisation de la parenté. Quelle explication relie ces différences ?

Voir une piste de réponse

Iroquoiens : agriculture (maïs), maisons longues dans des villages, société matrilinéaire.

Algonquiens : chasse, pêche, cueillette, wigwams transportables, société patrilinéaire.

Lien : l’agriculture fixe les gens près des champs, que les femmes cultivent : leur rôle central en fait le pivot de la parenté. Le nomadisme, lui, repose sur la chasse, activité masculine.

Section 8

Les premiers contacts avec les Européens

Des pêcheurs avant les explorateurs

Dès le début du 16e siècle, des pêcheurs bretons, normands et basques fréquentent les eaux du golfe du Saint-Laurent pour la morue et la baleine. À la fin du siècle, environ 500 navires et 12 000 marins y travaillent. Les Basques contrôlent alors le marché européen de l’huile de baleine. Sur les rives, ils échangent des fourrures avec les Autochtones : c’est l’origine du commerce des fourrures.

Jacques Cartier et les tentatives d’implantation

Parti de Saint-Malo pour trouver un passage vers l’Orient, Jacques Cartier prend possession du territoire à Gaspé en 1534. En 1535, il remonte le fleuve jusqu’à Stadaconé (Québec) et Hochelaga (Montréal), deux villages iroquoiens. Son troisième voyage (1541-1542), qui vise à fonder un établissement, se solde par un échec. La France se désintéresse un temps de la colonie, mais la pêche et la traite continuent.

Tadoussac et l’alliance de 1603

En 1599, Pierre de Chauvin de Tonnetuit obtient du roi des privilèges sur la traite des fourrures. Il établit un poste à Tadoussac. Le premier hiver est tragique : des 16 hommes laissés sur place, il n’en reste que cinq au printemps. Le lieu est mal choisi (sol pauvre, au cœur des rivalités entre Innus et Iroquois), mais les Français y concluent, en 1603, une première alliance avec les Innus (Montagnais) et les Algonquins. C’est le début d’un partenariat qui orientera toute l’histoire de la Nouvelle-France.

Cartier plante une croix à Gaspé (1534)
Cartier plante une croix à Gaspé (1534)Cette illustration a été faite plus de 350 ans après l’événement : l’artiste imagine la scène. Le chef Donnacona protestera contre cette prise de possession.Illustration tirée de T. W. Higginson, A Larger History of the United States, 1886. Wikimedia Commons, domaine public.
Le village d’Hochelaga
Le village d’HochelagaPlan dessiné d’après le récit de Cartier : un village rond, entouré d’une palissade, avec ses maisons longues. Son auteur n’a jamais vu le village.« La Terra de Hochelaga », attribué à Giacomo Gastaldi, Venise, 1556. Bibliothèque de l’Université McGill. Wikimedia Commons, domaine public.
La mode des chapeaux de castor
La mode des chapeaux de castorModèles de chapeaux de feutre de castor portés en Europe du 16e au 19e siècle. Cette mode explique la forte demande de fourrures.Horace T. Martin, Castorologia, Londres, 1892. Wikimedia Commons, domaine public.
Transition

En 1608, Samuel de Champlain fonde Québec. La colonie de la Nouvelle-France commence vraiment : c’est l’objet du chapitre 2.

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Ligne du temps

Parcours les grandes étapes du chapitre, des premières migrations à la fondation de Québec.

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Schéma de synthèse

Le schéma conceptuel du chapitre : les grands thèmes, leurs liens et l’essentiel à retenir. Active le mode révision pour cacher le contenu et te tester.

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Cartes de l’atlas

De vraies cartes pour situer les peuples, les échanges et les premiers contacts. Choisis une carte, puis clique sur les points numérotés pour en savoir plus.

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Glossaire et cartes-éclairs

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Quiz de fin de chapitre

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